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Les deux silences : celui qui détruit et celui qui construit

Faut-il se taire lorsque quelqu'un nous blesse, parler lorsque notre parole risque de provoquer un conflit, se souvenir pour apprendre ou oublier pour retrouver la paix ? Cet article explore la maîtrise des émotions, l'hyper-réactivité, les limites, le contrôle de soi et la paix intérieure.

HY
Mr Ray
6 days ago
36 0 59 min di lettura
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Les deux silences : celui qui détruit et celui qui construit

LES DEUX SILENCES : CELUI QUI DETRUIT ET CELUI QUI CONSTRUIT

 

Faut-il se taire, parler, s'en souvenir ou oublier ?

Il existe des questions auxquelles on ne peut pas répondre trop vite :

  • Faut-il se taire lorsque quelqu'un nous blesse ? 
  • Faut-il parler lorsque notre parole risque de provoquer un conflit ? 
  • Faut-il se souvenir de ce qui nous a fait souffrir pour en tirer une leçon ? 
  • Ou faut-il oublier pour enfin retrouver la paix ?

     

À première vue, ces questions semblent simples, on pourrait facilement répondre par oui ou non. Cependant, elles ne le sont pas. Car la véritable difficulté ne consiste pas seulement à choisir entre le silence et la parole. Le véritable défi est de comprendre ce qui se passe en nous pendant que nous nous taisons.

Deux personnes peuvent traverser exactement la même situation. Elles peuvent toutes les deux garder le silence. La première se tait parce qu'elle a peur. La seconde se tait parce qu'elle refuse de laisser sa colère décider à sa place. Extérieurement, le comportement est identique. Intérieurement, tout les oppose. L'une perd peut-être peu à peu sa voix et l’autre utilise le silence pour retrouver sa capacité de choisir. C'est toute la différence entre un silence qui enferme et un silence qui construit. Et parfois, cette différence peut devenir beaucoup plus importante que nous ne l'imaginons.

 

Quand soulager la douleur devient plus important que comprendre ce qui fait souffrir

Si nous écrivons cet article, ce n'est pas seulement pour parler de philosophie, de calme ou de maîtrise de soi. C'est aussi parce que derrière certaines habitudes, certains silences et certains comportements se cache parfois une souffrance que personne n'a vraiment appris à regarder.

J'ai connu une femme qui vivait sous une pression importante liée à son travail. Jour après jour, le stress s'accumulait. Il y avait la fatigue, les tensions, les responsabilités, les situations qu'elle supportait sans toujours pouvoir les exprimer. Peut-être aussi cette impression que connaissent beaucoup de personnes : continuer à avancer parce qu'il faut continuer, même lorsque quelque chose, à l'intérieur, commence déjà à s'épuiser.

Au lieu de développer progressivement des moyens plus sains pour comprendre et gérer cette pression, elle avait pris l'habitude de consommer des médicaments antidouleur opioïdes. Sur le moment, cela semblait lui apporter un soulagement. La douleur diminuait, la tension semblait reculer, et pendant un instant, le problème paraissait moins lourd.

Mais le soulagement d'un symptôme n'est pas toujours la résolution de sa cause. Et lorsqu'une personne commence à dépendre d'une substance ou d'un comportement pour ne plus ressentir ce qui lui arrive, elle peut, sans s'en rendre compte, entrer dans un cercle dangereux.

Puis un jour, à la suite de violents maux de tête et de symptômes suffisamment préoccupants pour nécessiter une consultation médicale, la situation a révélé qu'il ne s'agissait plus simplement de « tenir le coup » ou de chercher un soulagement occasionnel. Son organisme et sa situation nécessitaient une évaluation médicale sérieuse : selon le docteur, elle était à deux doigts de perdre sa raison (devenir folle).

Ce moment est resté dans mon esprit. Pas pour raconter son histoire comme un spectacle, pas pour faire peur, et certainement pas pour prétendre que chaque personne stressée suivra le même chemin. Mais parce qu'il m'a rappelé une vérité profonde : lorsque nous ne savons plus quoi faire de notre douleur, nous cherchons parfois simplement quelque chose qui nous permette de ne plus la sentir. Et c'est là que la question devient plus grande que le stress.

  • Que faisons-nous de ce qui nous fait souffrir ? 
  • Le combattons-nous ? 
  • Le cachons-nous ? 
  • Le faisons-nous taire ? 
  • Le partageons-nous ? 
  • L'écoutons-nous ? 
  • Ou attendons-nous qu'il devienne tellement fort qu'il finisse par parler à notre place ?

Le danger n'est pas toujours la douleur. C'est parfois ce que nous faisons pour ne plus l'entendre.

Le danger n'est pas toujours la douleur

Il existe des douleurs que nous ne pouvons pas empêcher immédiatement : une critique, une humiliation, une injustice, une pression professionnelle, un conflit, une déception, un sentiment d'échec, une peur que nous n'arrivons pas à expliquer. La vie ne nous demandera pas toujours notre permission avant de placer une tempête sur notre chemin. Mais lorsqu'une douleur apparaît, une autre question commence : que vais-je faire de ce que je ressens ?

Certaines personnes explosent. Elles disent tout, parfois trop vite, parfois trop fort, parfois à des personnes qui ne sont même pas responsables de leur souffrance. D'autres choisissent de se taire. Mais, là encore, il existe deux silences :

  • Il y a celui qui dit : « Je prends le temps de comprendre avant de répondre. »
  • Et il y a celui qui murmure : « À quoi bon parler ? Personne ne m'écoutera de toute façon. »

Il y a le silence qui protège la décision, et celui qui abandonne la possibilité même de décider. Il y a celui qui calme la tempête, et celui qui enferme progressivement la tempête à l'intérieur. C'est pourquoi le problème n'est pas simplement de savoir s'il faut parler ou se taire. Il faut apprendre à reconnaître ce que notre silence est en train de produire en nous.

 

L'homme qui veut gouverner le monde mais oublie de se gouverner lui-même

L'homme rêve souvent de gouverner le monde. Il aspire à diriger une entreprise, une famille, une nation ou même l'histoire. Il veut influencer, décider, construire, transformer. Pourtant, il oublie parfois une évidence : celui qui ne sait pas se gouverner lui-même finira tôt ou tard gouverné par ses émotions, ses peurs ou ses impulsions. La véritable souveraineté ne commence pas par le pouvoir sur les autres. Elle commence par le pouvoir sur soi-même.

Se gouverner ne signifie pas devenir froid. Cela ne signifie pas étouffer sa colère jusqu'à ne plus rien ressentir, sourire devant toutes les injustices ou accepter l'inacceptable au nom du calme. Se gouverner, c'est apprendre à donner à chaque émotion sa juste place. C'est pouvoir dire :

  • « Je ressens cette colère, mais je ne vais pas lui abandonner toutes mes décisions. »
  • « Cette peur existe, mais elle ne décidera pas seule de ma vie. »
  • « Cette critique m'a blessé, mais je vais d'abord comprendre pourquoi avant de lui donner le pouvoir de définir qui je suis. »
  • « Je peux dire non sans devenir violent. »
  • « Je peux parler sans avoir besoin de détruire. »
  • « Je peux me taire sans me condamner au silence. »

Voilà peut-être l'une des formes les plus profondes de la liberté : non pas ne jamais ressentir, mais ressentir sans perdre entièrement le pouvoir de choisir. C'est pourquoi cette phrase guidera tout notre parcours :

« La maîtrise de soi ne se démontre pas dans le calme ; elle se révèle au milieu de la tempête. »

Car il est facile d'être calme lorsque tout se déroule comme nous le souhaitons, d'être patient lorsque personne ne nous provoque, ou d'être respectueux lorsque nous sommes respectés. La véritable question est ailleurs : qui devenons-nous lorsque quelqu'un nous provoque, nous humilie, nous impose une pression, nous critique injustement ou tente de nous faire perdre notre équilibre ? C'est souvent là que commence notre véritable rencontre avec nous-mêmes.

 

Cet article n'est pas une invitation à tout supporter

Il faut également être clair dès le départ. Cet article ne vous dira pas : « Taisez-vous. » Il ne vous dira pas non plus : « Répondez à tout. » Il ne vous demandera pas d'oublier chaque blessure, et il ne vous conseillera pas de vivre éternellement dans le souvenir de ce qui vous a fait mal.

Nous allons plutôt explorer une question plus profonde : comment savoir quand le silence nous protège et quand il commence à nous détruire ? Car il existe un moment pour se taire, un moment pour parler, un moment pour se souvenir afin de comprendre, et parfois, un moment pour cesser de donner au passé le pouvoir de diriger le présent.

Mais pour reconnaître ces moments, nous avons besoin d'une chose essentielle : apprendre à nous écouter. Pas seulement écouter le bruit du monde, pas seulement écouter ceux qui nous donnent des ordres, des conseils ou des jugements, mais nous écouter nous-mêmes :

  • Comprendre ce que notre colère essaie de dire.
  • Comprendre ce que notre peur protège.
  • Comprendre pourquoi certaines paroles prennent le contrôle de toute notre journée.
  • Comprendre pourquoi certains « oui » nous épuisent davantage que le travail lui-même.
  • Comprendre pourquoi nous continuons parfois à supporter une situation alors qu'une partie de nous crie depuis longtemps qu'une limite doit être posée.

 

Avant de continuer, prenez un instant...

Peut-être que vous lisez ces lignes dans le calme, peut-être après une journée difficile, après une dispute, ou dans un bureau où vous avez appris à sourire alors que vous êtes intérieurement épuisé. Peut-être êtes-vous quelqu'un qui parle trop vite lorsqu'il est en colère, ou peut-être êtes-vous devenu cette personne qui ne dit presque plus rien.

Alors posez-vous simplement cette question : Lorsque je me tais, est-ce que je retrouve ma paix… ou est-ce que je m'abandonne moi-même ?

Ne répondez pas trop vite. Parce que toute la suite de cet article commence peut-être là, dans cette réponse, dans cet espace fragile entre ce que vous ressentez et ce que vous choisissez d'en faire. Car il existe deux formes de silence : celui qui vous enferme dans une blessure, et celui qui vous rend le pouvoir de choisir. Et apprendre à les distinguer, c'est peut-être commencer à se gouverner soi-même.


 

 

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